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La cérémonie

La cérémonie

On aime beaucoup Drame réalisé en 1995 par Claude Chabrol

 
Dimanche 13 janvier de 20:50 à 22:40 sur Arte
Voir dans la grille
 

 

Les Lelièvre, un couple bourgeois d'une parfaite éducation, engagent une jeune bonne, Sophie, pour les aider à tenir leur grande maison isolée dans la campagne bretonne. Le comportement de Sophie, dure, fermée et presque toujours silencieuse, les déroute, bien que son service soit irréprochable. A aucun moment ils ne devinent que la domestique cherche à cacher son illettrisme, qu'elle juge humiliant. Au village, Sophie se lie d'amitié avec la postière, Jeanne, aussi exubérante qu'elle est secrète. Bientôt, les deux femmes communient dans la même haine pour les Lelièvre. Mieux, elles se découvrent un passé commun : toutes les deux, en effet, ont été jugées pour meurtre. L'une aurait assassiné sa fillette handicapée, l'autre son père infirme...

LA CRITIQUE TV DE TELERAMA DU 03/09/2011

On aime beaucoup

| Genre : lutte des classes.

Sophie, jeune femme taciturne, est en­gagée comme domestique dans la gran­de maison des Lelièvre. Malgré son comportement mutique, elle plaît à ses employeurs. Elle a pour seule amie Jeanne, la postière du coin.

 

La grande maison bourgeoise

 

Dès le début, la tension est là. Pourtant, on ne voit rien d'alarmant. Simplement des faits du quotidien, répertoriés avec un soin méticuleux. D'un côté le cérémonial de la bourgeoisie de province, de l'autre le travail de Sophie, son isolement dans une petite chambre du haut et ses escapades avec Jeanne, la pipelette effrontée (Huppert et Bonnaire, toutes deux sensationnelles, dans un registre opposé). Tout paraît limpide, mais rien n'est simple, chacun dissimulant quelque chose. En salauds irréprochables, les Lelièvre masquent leur morgue sous un excès de bienveillance ; Sophie camoufle son analphabétisme et sa honte ; Jeanne traîne un lourd passé.

 

La Cérémonie brosse le portrait d'une société bloquée, proche de l'implosion. C'est une peinture violente des rapports de classes, moins fondés sur l'argent que sur la maîtrise du langage et de la technique. Mais Chabrol n'est pas seulement le chroniqueur corrosif des moeurs de son temps qu'on veut toujours voir en lui. S'il gratte le vernis et met à nu des vérités, il laisse volontairement une grande part d'ombre. Derrière cette histoire en apparence logique et linéaire palpite l'humain dans ce qu'il a d'insondable. Un désordre intérieur, irréductible au jugement du bien et du mal.



Jacques Morice

 


13/01/2013
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